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J’arrive en Guadeloupe avec l’idée de monter à bord du catamaran de mon ami Braňo et de goûter pendant quelques jours à la vie en mer dans une région du monde encore inconnue pour moi : les Caraïbes. Le plan initial me laisse toutefois un jour ou deux de marge ; j’en profite pour louer une voiture et explorer au moins en partie l’île par moi‑même.

J’ai aussi une idée en tête : si les conditions s’y prêtent, tenter l’ascension de la Grande Soufrière, point culminant de l’île.

La donne change quand Braňo mouille en Guadeloupe quelques jours plus tôt que prévu. Lui et son équipage me rejoignent, et nous partons finalement à quatre pour randonner au pied de la Grande Soufrière.

Le déroulé de la journée s’en ressent : le rythme de marins restés plus souvent sur l’eau que sur la terre ferme ces dernières semaines, la météo, et le fait que dès le tout début nous ratons le bon départ du sentier.

Au lieu de grimper sur le volcan, nous nous retrouvons sur une randonnée plus courte dans la jungle le long des Chutes du Carbet. Ce n’était pas le plan, mais la journée s’avère très agréable, faite de marche, de points de vue et d’une baignade au pied des cascades.

Changement de programme dès le départ

Dès le matin, on comprend que les conditions ne sont pas idéales. Les hauteurs restent englouties dans les nuages et la visibilité est faible — monter au sommet n’aurait probablement que peu de sens.

S’y ajoute une complication bien concrète dès le départ.

En voiture, nous manquons la bonne route menant au parking supérieur Parking Chutes du Carbet. À la place, nous nous retrouvons bien plus bas, sur un petit parking méconnu, caché dans la forêt — juste au départ du sentier Trace de la Troisième Chute du Carbet.

Avec le recul, on y voit un heureux hasard.

Un itinéraire moins fréquenté

Le fait de ne pas être partis du parking principal nous a sans doute aussi évité de payer le droit d’entrée perçu à l’entrée officielle du site.

Le sentier que nous suivons est moins fréquenté, mais reste globalement bien entretenu. Dès le départ, les passerelles et caillebotis en bois surprennent : ils aident manifestement à franchir des tronçons qui se transforment en bourbiers sous la pluie. Ce coin de l’île est très humide, la jungle dense et le terrain boit vite l’eau — les passerelles ont ici tout leur sens.

Troisième Chute du Carbet

On s’enfonce peu à peu dans la forêt tropicale. L’air est saturé d’humidité, la jungle bourdonne tout autour. Rien à voir avec nos randonnées européennes.

Au bout d’une trentaine de minutes, première bifurcation. Les noms sur les panneaux ne nous disent pas grand‑chose — nous n’avions pas étudié cette variante. On file à gauche vers la rivière, sans grandes attentes.

La surprise n’en est que plus belle lorsque la vue se dégage sur la Troisième Chute du Carbet.

La cascade a quelque chose de brut et de naturel, sans aménagements marqués. Un sentier mène à un belvédère, mais pour atteindre l’eau il faut se frayer son propre passage entre branches, racines et rochers. Rien de technique, juste de la prudence.

Malgré l’interdiction, on se laisse tenter et on descend jusqu’à l’eau. Fraîche sous la chute, elle fait un bien fou après la moiteur et la chaleur du sentier. Impossible de résister à une baignade.

On reste bien plus longtemps que prévu — d’autant que nous sommes absolument seuls. Les premiers visiteurs arrivent justement au moment où l’on remballe pour repartir.

Belvédère sur la Deuxième Chute du Carbet

Depuis la cascade, nous regagnons notre sentier principal et poursuivons la montée le long de la Rivière du Grand Carbet.

C’est la portion la plus exigeante de l’itinéraire. Pas tant techniquement que par la combinaison d’une pente plus marquée et de passages où il faut mieux s’orienter. Par endroits, le sentier n’est pas parfaitement évident et il faut choisir la bonne direction. En cas de doute, mieux vaut vérifier sa position sur la carte : le tracé y figure assez précisément.

Après une longue montée, le terrain s’adoucit et rejoint l’itinéraire officiel menant au belvédère de la Deuxième Chute du Carbet. Le ton de la rando change alors : au sentier étroit de jungle succède un chemin plus large, aménagé et bien balisé, avec marches, rambardes… et nettement plus de monde.

Quelques minutes plus tard, notre progression s’arrête au belvédère face à la Deuxième Chute du Carbet.

La vue est jolie, quoique un peu limitée, et donne aussi sur les hauteurs, restées noyées dans les nuages lors de notre passage. De quoi confirmer qu’essayer d’aller plus haut n’aurait pas eu grand intérêt ce jour‑là.

Le sentier s’arrête officiellement ici. On fait une courte pause, on grignote quelque chose puis on repart par le même chemin. Avant cela, on lance le drone pour tenter de capter la cascade sous de meilleurs angles que depuis la plateforme. Les images aériennes révèlent aussi la première des trois chutes — la Première Chute du Carbet.

À propos des Chutes du Carbet

Les Chutes du Carbet (Les Chutes du Carbet) se situent dans le Parc national de la Guadeloupe (Parc national de la Guadeloupe), sur les pentes de la Grande Soufrière, sur l’île de Basse‑Terre.

Il s’agit d’un ensemble de trois cascades — Première, Deuxième et Troisième Chute du Carbet — parmi les sites naturels les plus connus de l’île. La plus haute, la Première Chute du Carbet, dépasse les 100 mètres.

La meilleure période pour visiter le site se situe hors des épisodes de fortes pluies, idéalement durant la saison la plus sèche. Les chutes restent puissantes toute l’année grâce aux précipitations fréquentes, mais par temps très humide les sentiers deviennent très glissants et certains tronçons peuvent être fermés.

Conclusion

En fin de journée, nous regagnons le port et le catamaran, agréablement fatigués et la tête pleine d’images.

La sortie valait le coup — même si le programme a changé en cours de route et que, plutôt que le point culminant de l’île, c’est la jungle locale que nous avons davantage explorée.

Paradoxalement, cette part d’improvisation en a fait l’une des plus belles journées sur l’île. Moins d’objectif, plus d’espace pour s’adapter aux conditions — et un souvenir plus fort.

La baignade sous la cascade, la solitude au cœur de la jungle et les vues sur ses niveaux supérieurs en ont fait une journée mémorable.

Infos pratiques sur l’itinéraire

Longueur de l’itinéraire : environ 4,5 km
Dénivelé cumulé : environ 360 m
Temps total (aller-retour, pauses et baignade inclus) : environ 3 h 30
Équipement recommandé : suffisamment d’eau, chaussures solides, répulsif anti-moustiques