
Bagages et trajet
Nous sommes un lundi de fin juin 2023 et nous bouclons les bagages pour notre road trip de deux semaines en Croatie et en Italie. Le plan : une première semaine au bord de la mer, sur l’île de Dugi Otok en Croatie, puis un ferry vers l’Italie et la montagne. Cette fois, notre fox-terrier de deux ans, Ibo, vient avec nous. Toute la journée, il a suivi le ballet des valises, et le soir il campe dans l’entrée, collé aux sacs, de peur qu’on ne l’oublie (comme si c’était possible : sans lui, ce ne serait pas pareil). Au final, la voiture est pleine à craquer — je ne comprends pas : on n’a pris que l’essentiel :))
Vers minuit, nous quittons Bratislava, traversons la Hongrie, cap sur Zadar pour embarquer sur le ferry pour Dugi Otok. Le trajet file sans encombre — du moins si j’en crois Boris : j’ai dormi comme un loir et, fait rare, je ne l’ai pas relayé au volant. Courte halte à la première station après la frontière hongroise : on fait le plein (pas conseillé ; on constatera plus tard que les prix y sont plus élevés qu’ailleurs), on dégourdit nos jambes et celles d’Ibo, et bien sûr, premier café du matin.
Au bout d’une heure, on quitte l’autoroute pour le village de Cetina, où jaillit la rivière du même nom. Depuis le parking, on voit déjà un petit lac aux couleurs superbes — d’après les infos en ligne, il descendrait à 130 m de profondeur. Ibo s’occupe aussitôt d’une chienne du village venue nous saluer, peu importe qu’elle fasse au moins trois fois sa taille. Une Allemande qui repart nous lance « drei » par la fenêtre ouverte. Je ne vois pas bien ce qu’elle veut dire, je lui fais juste un signe poli et basta. Une minute plus tard, une autre chienne géante déboule, et je commence à comprendre le « drei ». Avant qu’on réalise, un troisième membre de la meute en liberté rejoint Ibo… qui pousse un cri quand l’un d’eux le saisit au cou. Je m’imaginais un autre « Dobrodošli », mais bon : on désinfecte la plaie, on remonte en voiture et on reprend la route…

Avant le ferry, on complète nos provisions au Kaufland, on déjeune et on refait le plein : sur l’île, les options sont limitées. La traversée de Zadar à Brbinj dure un peu moins de deux heures et se passe sans souci. On a bien fait de manger à terre : avec un chien, vous devez rester sur le pont supérieur, l’accès au restaurant est interdit. Au fait, Ibo a géré l’escalator du pont inférieur au pont supérieur comme un pro — Boris l’avait entraîné des mois durant dans un centre commercial dont on taira le nom :)
Pourquoi une île ?
Parce qu’il y a moins de monde, plus de calme, davantage de liberté avec un chien, et la possibilité de dénicher une crique rien que pour soi. Dugi Otok est la septième plus grande île de l’Adriatique et compte environ 1 500 habitants. En une semaine, entre deux siestes, on a exploré les plages du coin, la plupart des villages, le parc naturel de Telašćica, le lac salé Mir, le phare de Veli Rat à l’autre bout de l’île, et Boris a même plongé.
Notre maison se trouvait sur une colline, avec un grand jardin en terrasses, en plein cœur de la réserve naturelle de Telašćica. Une piste de gravier de quelques kilomètres y menait — parfaite pour les footings du matin. On a allumé le barbecue et le foyer plusieurs fois : filet mignon de porc, saucisses, légumes grillés et fromage, un régal. Le charbon étant introuvable, on a ramassé du bois sec dans le jardin et voilà. Ibo aurait aussi quelques aboiements à partager sur ses découvertes gourmandes au grill :)). On a aussi testé des restaurants ; pour donner une idée des prix : dans une pizzeria, deux pizzas et deux boissons nous ont coûté 35 €, et dans une autre nous sommes restés aux boissons, les plats commençant autour de 40 € par personne. On a compris plus tard que des bateaux y déposent des touristes qui s’y attablent pour ne pas rester le ventre vide… c’est aussi comme ça que tourne le business.
Plages
Le premier soir, Boris a repéré plusieurs plages à voir au petit matin ; on s’arrêterait sur celle qui nous plaît. Premier essai, la plage de Ripisce : échec, un panneau d’interdiction barre la piste qui descend depuis la route principale. Même à pied, ce serait compliqué : impossible de se garer en haut. Pas grave, on file vers la deuxième option — deux criques voisines. La piste d’accès fait environ 2 km, tout en descente. On se gare dans un virage à 200 m de la mer et on part à droite, vers la plage Samotvorac. Vue d’en haut, elle a l’air fantastique, mais juste avant d’arriver, une chaîne et un panneau PRIVATE nous stoppent. Boris irait bien quand même (pour lui, un panneau n’est qu’indicatif), mais un simple regard de ma part le fait changer d’avis : on tente la crique de gauche. Bonne pioche, la plage Orihovica est très jolie ; une famille avec un bébé et un couple y bronzent. On pose nos affaires sur les rochers et on file à l’eau. Pour Ibo, c’est une grande première en mer : on est curieux de voir sa réaction. D’abord, il sursaute et refuse d’entrer. Puis il se met à l’eau, mais les vagues qui le frappent ne lui plaisent pas. Il tente ses petites techniques de plongeur, découvre en deux secondes que cette eau n’a rien à voir avec les flaques qu’il renifle à la maison, puis, une fois qu’il a fini de tousser et de se lécher, on l’appâte avec un jouet pour le faire nager. Pas fan : après quelques mètres, demi-tour vers le rivage. Tant pis, on ne force pas : des occasions, il y en aura d’autres. Entre-temps, la famille s’en va, puis le couple — hourra, la plage est pour nous seuls !

Le lendemain, on va voir une autre plage de notre liste, dont on n’a jamais su le nom. La piste y mène via la plus grande plage Brbiscica, où traînent quelques baigneurs, puis à gauche sur les rochers sur une cinquantaine de mètres. On croise un couple mexicano-allemand, qui ne voit aucun inconvénient à notre présence. L’après-midi sera très agréable : on papote, les gars font voler leurs drones, et Ibo part nager tout seul… youpiii. À noter : il y avait pas mal de méduses, certaines inoffensives, d’autres qui piquent bien.
Depuis la plage Brbisica, on peut rejoindre en kayak la célèbre grotte Golubinka…
La très médiatisée plage Sakarun nous a laissés mitigés ; on s’y est arrêtés lors d’une virée sur la côte ouest de l’île. Nous n’y avons croisé personne, seulement des tas de déchets et d’algues — sans doute l’effet combiné d’un jour gris et de l’avant-saison. Quant au qualificatif « sableuse », on reste très dubitatifs.
Plage Veli Zal…
Le lac Mir et les falaises de Grpascak
Bon à savoir avant de partir à Dugi Otok
Nourriture et boissons – nous sommes arrivés sur l’île bien approvisionnés et c’était un bon choix. Les petites épiceries locales avaient un choix très limité et des prix trop élevés. Mes premiers scrupules à transporter de la nourriture d’un pays à l’autre se sont vite évaporés.
Moustiques – le soir, dans le jardin, ils étaient légion : on a brûlé des spirales en continu — je recommande d’en emporter en vacances. Les propriétaires nous avaient laissé une boîte, partie dès les premiers jours.
Soins de santé – il n’y a pas d’hôpital sur l’île, seulement un médecin généraliste et une pharmacie. Emportez une trousse de secours bien fournie.
Vétérinaire – si vous voyagez avec votre animal, sachez que le vétérinaire le plus proche est à Zadar.
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