
Ce road trip en voiture s’appuie sur un voyage réel que nous avons effectué en 2008. L’itinéraire forme une grande boucle au départ de la Slovaquie, via la Croatie, la Bosnie‑Herzégovine, le sud de l’Italie, les Abruzzes, Rome et les Dolomites, avant de revenir en Europe centrale. Vous pouvez le commencer en Slovaquie, mais aussi très bien depuis Prague, Vienne, Budapest ou toute autre ville d’Europe centrale — il suffit d’ajuster le premier et le dernier trajet.
Depuis ce premier voyage, plusieurs tronçons routiers dans les Balkans et en Croatie se sont nettement améliorés, avec de nouvelles autoroutes, le pont de Pelješac, et des liaisons aujourd’hui plus fluides. L’esprit du circuit reste toutefois le même : un parcours varié qui, en un seul voyage, réunit des villes historiques, les canyons de la Vrbas et de la Neretva, Mostar, Pelješac, Dubrovnik, la traversée de l’Adriatique vers Bari, le littoral du Gargano, une randonnée alpine dans le massif du Gran Sasso, Rome, le Vatican et, pour finir, les Dolomites avec vues sur l’Averau, les Cinque Torri et la possibilité d’ascension de la Marmolada.
Le circuit peut se faire avec un chien, même si nous n’avons pas suivi précisément cette version avec un chien. En voyageant avec un animal, il faut prévoir plusieurs contraintes — du ferry et des hébergements aux accès aux monuments, sans oublier les sections de haute montagne. Nous abordons ces aspects pratiques séparément en fin d’article.
Avec une bonne préparation, l’ensemble de la boucle se réalise à un rythme soutenu, surtout si certaines étapes ne sont que de brèves haltes sur la route. Si vous disposez de plus de temps, l’itinéraire offre une foule d’endroits où ralentir, ajouter une journée ou prolonger le séjour. Tout est affaire de priorités, de cadence et du temps dont vous disposez.
À qui convient cet itinéraire
Ce circuit s’adresse aux voyageurs qui souhaitent, en un seul voyage, découvrir plusieurs régions très différentes. Il combine villes, mer, montagnes, ferry, canyons et lieux historiques — non pas comme une liste de cases à cocher, mais comme une expérience de voyage riche et cohérente.
Il conviendra particulièrement à ceux qui aiment rouler, les vieux centres historiques, les paysages de montagne, la mer, les traversées en ferry et un programme plus actif avec des randonnées.
Durée conseillée
Durée idéale : 16 à 18 jours
Version plus rapide : 14 à 15 jours
Version plus lente : 18 jours et plus
Si vous n’avez que deux semaines, raccourcissez surtout les étapes urbaines ou montagnardes. Avec 17 à 18 jours, vous pouvez prendre le temps pour Mostar, Dubrovnik, la mer et la montagne.
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Jour 1 : De la Slovaquie à la Croatie – soirée à Varaždín
Première journée de route depuis la Slovaquie vers la Croatie. Objectif : Varaždín, agréable ville historique du nord du pays, parfaite pour une première halte sur un itinéraire vers les Balkans.
Le soir, on parcourt le centre compact, on voit le château, les ruelles baroques et on s’offre un dîner tranquille. Si vous partez de Prague, Vienne ou Budapest, adaptez simplement ce premier tronçon à votre point de départ.
Jour 2 : Par le canyon de la Vrbas, Jajce et la Neretva jusqu’à Mostar
De Varaždín, cap sur la Bosnie‑Herzégovine jusqu’à Mostar. C’est une longue étape — comptez six à huit heures de conduite, plus les arrêts. Journée exigeante, mais largement récompensée : l’itinéraire traverse plusieurs sites marquants qui en font l’un des plus beaux débuts du voyage.
On commence par le canyon de la rivière Vrbas, où la route se faufile entre eau et rocher. Puis arrêt à Jajce, célèbre pour sa cascade au pied même du centre historique. Plus loin, le paysage change au fil de la Neretva — eau turquoise, parois rocheuses et ambiance méridionale nous mènent progressivement à Mostar.
Nous arrivons à Mostar en soirée et y restons deux nuits. La ville ne sera ainsi pas une simple pause sur la route, mais une étape à part entière.
Jour 3 : Mostar – Vieux Pont, Neretva et journée au ralenti
Troisième jour à Mostar. Le Vieux Pont, les ruelles pavées, la Neretva, les points de vue sur les deux rives et l’atmosphère du centre historique au crépuscule méritent mieux qu’un arrêt trop bref.
Le matin, on parcourt le centre avant l’affluence, puis on se laisse du temps pour un café, les ruelles plus discrètes et les panoramas. En fin d’après‑midi, retour possible au Vieux Pont, quand la lumière et l’humeur de la ville changent.
Une deuxième nuit à Mostar permet de vivre la ville plus sereinement — le matin, la journée et le soir, pas seulement en toile de fond après une longue route.
Jour 4 : Počitelj, Pelješac et arrivée à Dubrovnik
Depuis Mostar, cap sur l’Adriatique. Première halte à Počitelj, bourg historique au‑dessus de la Neretva, avec ses maisons de pierre, sa forteresse et ses vues sur la vallée. Une pause courte mais marquante avant le retour à la mer.
Nous poursuivons par Pelješac vers Dubrovnik. La presqu’île se prête bien à un tronçon de transition — idéal pour le déjeuner, une courte pause au bord de l’eau ou un arrêt au milieu des vignes.
Dans l’après‑midi, arrivée à Dubrovnik. Après Mostar, Počitelj et Pelješac, la partie bosnienne et croate du voyage se referme naturellement dans l’une des villes phares de l’Adriatique.

Jour 5 : Prevlaka et Dubrovnik – escapade à l’extrême sud de la Croatie et soirée dans la vieille ville
Le matin, excursion à Prevlaka, étroit cap à l’extrême sud de la Croatie, près de la frontière monténégrine. Moins classique que Dubrovnik, mais intéressante pour sa situation, ses vues et cette impression de bout du littoral.
De retour de Prevlaka, après‑midi et soirée pour Dubrovnik. Vieille ville, remparts, ruelles de pierre et vues sur la mer comptent parmi les plus beaux moments de l’Adriatique. Le tout fonctionne particulièrement bien en fin de journée, quand la lumière devient plus douce.
Une deuxième nuit à Dubrovnik donne à cette section un rythme plus posé : on combine l’excursion tout au sud de la Croatie avec une soirée dans la vieille ville.

Jour 6 : Ferry Dubrovnik – Bari et début de la partie italienne
Le matin, nous prenons le ferry de Dubrovnik à Bari. La traversée de l’Adriatique ouvre naturellement la partie italienne du voyage.
La ligne Dubrovnik – Bari est saisonnière — au moment de la rédaction, elle opère de début mai à fin octobre, avec des départs plusieurs fois par semaine. En juillet et août, nous recommandons de réserver à l’avance billets et place pour la voiture : les capacités partent vite. Les chiens sont admis sur cette ligne. Horaires et billets : directement auprès de Jadrolinija.
À l’arrivée à Bari, inutile de se presser. On s’installe, on se promène selon l’énergie du moment et on garde la ville pour le lendemain aussi.
Jour 7 : Bari Vecchia — vieille ville, port et journée paisible en Apulie
On consacre Bari à une journée urbaine plus tranquille après le ferry. Bari Vecchia, ses ruelles étroites, la basilique Saint‑Nicolas, la promenade en bord de mer et la cuisine simple du sud de l’Italie font une transition naturelle entre Balkans et Italie.
Pas besoin d’un programme chargé : une balade dans le centre historique, un bon repas, la mer et un tempo plus lent avant la suite.
Jour 8 : De Bari à la péninsule du Gargano
Depuis Bari, nous gagnons le Gargano pour retrouver la mer à l’italienne. Cap sur le secteur de la Spiaggia di Vignanotica, l’une des plus belles plages de cette côte — falaises blanches, parois calcaires et eau limpide.
Journée plutôt détendue. À l’arrivée, baignade possible, promenade le long du littoral ou simple pause après les villes et le ferry. Nous restons deux nuits près de Vignanotica, pour que le Gargano ne soit pas qu’un court passage.

Jour 9 : Spiaggia di Vignanotica et Vieste — le plus beau littoral du Gargano
Neuvième jour sur le Gargano. Le matin ou la matinée sont parfaits pour la Spiaggia di Vignanotica, surtout si nous n’en avons pas pleinement profité la veille. Ici, inutile de suivre un programme trop strict — la mer, la roche et un rythme apaisé sont le cœur de la journée.
Ensuite, direction Vieste, l’un des plus jolis bourgs du secteur. Vieille ville juchée sur un éperon rocheux, maisons blanches, vues sur la mer et ruelles étroites en font une belle sortie d’après‑midi ou de début de soirée.
Le soir, retour vers Vignanotica pour une deuxième nuit au bord de la mer.

Jour 10 : Du Gargano aux Abruzzes — au pied du massif du Gran Sasso
Depuis le littoral du Gargano, nous entrons dans les terres en direction du Gran Sasso. Objectif : le secteur du hameau de Casale San Nicola, bon point de départ pour la partie de haute montagne.
À l’arrivée, inutile d’ajouter un gros programme. Installation, préparation du sac et vérification de la météo suffisent.
Jour 11 : Gran Sasso — montée au Rifugio Carlo Franchetti
Montée au refuge Rifugio Carlo Franchetti, dans le massif du Gran Sasso. Situé dans un décor de haute montagne spectaculaire, il constitue une excellente base pour l’ascension du Corno Grande.
À l’arrivée, on garde du temps pour se reposer, dîner et préparer le lendemain. La nuit au refuge compte parmi les instants les plus alpins du road trip.
Jour 12 : Corno Grande — ascension du plus haut sommet des Apennins
Douzième jour dédié à l’ascension du sommet ouest du Corno Grande, point culminant des Apennins. Départ du Rifugio Carlo Franchetti tôt le matin selon météo et conditions.
L’itinéraire ne requiert pas d’équipement technique spécifique — c’est une randonnée alpine soutenue, pas une via ferrata. Il faut toutefois composer avec l’altitude, une météo changeante et de bonnes chaussures de montagne. Adaptez le programme aux conditions du moment et à votre expérience.
Après l’ascension, retour au Rifugio Carlo Franchetti et seconde nuit au refuge.

Jour 13 : Du Gran Sasso à Rome — descente du refuge et première soirée en ville
Le matin, nous redescendons du refuge au village retrouver la voiture, puis route vers Rome. Après la séquence alpine, on s’offre une soirée plus légère : petite promenade, dîner simple et premier contact avec la ville.
Jour 14 : Rome en une journée — basiliques, antiquité, Colisée et centre historique
Quatorzième jour consacré à Rome. On peut commencer par la basilique Saint‑Jean‑de‑Latran (San Giovanni in Laterano), puis enchaîner avec la basilique Saint‑Clément (San Clemente), remarquable pour ses strates d’histoire.
Pour un lecteur slovaque, la tombe de saint Cyrille (Constantin) à la basilique Saint‑Clément revêt une importance particulière. Lieu discret mais puissant, qui donne aussi à la partie romaine une dimension d’Europe centrale.
On peut ensuite poursuivre vers le Colisée et le Forum romain, passer par la Place d’Espagne, la fontaine de Trevi, l’Autel de la Patrie et le monument à Victor‑Emmanuel II jusqu’au Capitole. S’il reste de l’énergie, on peut terminer la journée à la Bocca della Verità ou au Panthéon.
Rome est dense : nul besoin de tout voir de l’intérieur. Choisissez ce que vous voulez visiter en profondeur et ce que vous préférez inclure dans une simple promenade.

Jour 15 : Vatican et route vers le nord de l’Italie en direction des Dolomites
Quinzième jour dédié au Vatican. Selon vos envies et la disponibilité des billets, vous pouvez visiter la basilique Saint‑Pierre, les musées du Vatican, ou vous concentrer sur la place et les abords.
Après le Vatican, nous mettons le cap au nord de l’Italie. La phase urbaine du voyage cède peu à peu la place au retour en montagne. Si vous avez plus de jours, Rome mérite bien une troisième journée à part.
Jour 16 : Dolomites — Passo Falzarego, Averau et Cinque Torri
Seizième jour dans les Dolomites. Depuis le secteur du Passo Falzarego ou Pian Falzarego, nous montons vers la Forcella Averau et l’Averau.
L’ascension de l’Averau offre de superbes vues sur le Monte Pelmo, le Nuvolau et son rifugio, la Ra Gusela et les sommets dolomitiques alentours. Après la randonnée, halte possible aux Cinque Torri, où se trouve un musée en plein air de la Première Guerre mondiale.
Le soir, nous rejoignons un camping vers Malga Ciapela, point de départ pour la journée suivante à la Marmolada.
Jour 17 : Marmolada — via ferrata par la Forcella Marmolada et Lago di Fedaia
C’est la journée la plus exigeante du road trip. La Marmolada (3343 m) est le point culminant des Dolomites — un massif glaciaire, des vestiges de la Première Guerre mondiale et des panoramas sans équivalent dans la région. Départ tôt recommandé, idéalement avant 8 h — les orages d’après‑midi sont fréquents, même en été.
Le programme principal est l’ascension de la Marmolada par la via ferrata au départ de la Forcella Marmolada (2885 m). Ce n’est pas une randonnée classique. L’itinéraire peut traverser des sections de neige ou de glace, des passages exposés et des portions câblées qui exigent une progression sûre en haute montagne. Équipement obligatoire : chaussures alpines solides, kit de via ferrata (longe, casque, gants), couches adaptées, et selon les conditions, équipement pour la neige ou la glace. Si vous ne vous en sentez pas capable ou n’êtes pas équipés, vous pouvez emprunter le téléphérique de Malga Ciapela jusqu’à Punta Rocca (3265 m) ou rester au Lago di Fedaia, face au glacier.
Après la randonnée, retour au camping près de Malga Ciapela pour la dernière nuit avant le trajet de retour.

Jour 18 : Retour des Dolomites vers la Slovaquie
Dix‑huitième jour consacré au retour vers la Slovaquie ou un autre point de départ en Europe centrale. Après les Dolomites, nous n’ajoutons plus de grand programme — l’objectif est de clore le voyage sereinement et de garder cette journée surtout pour la route.
Dans une version plus lente, il vaut la peine de couper le retour en deux et de passer une nuit en Autriche, dans le nord de l’Italie, ou selon votre point de départ initial.
Comment raccourcir ou allonger l’itinéraire
Avec seulement 14 à 15 jours, réduisez Mostar à une nuit, simplifiez Rome ou la partie dolomitique.
Avec plus de 18 jours, ajoutez de la marge là où le voyage gagne à ralentir : à Mostar, sur le Gargano, à Rome, dans les Abruzzes ou dans les Dolomites.
Pour prolonger la partie italienne, Matera, Castel del Monte ou Trani sont de bonnes options. Matera est la plus forte — ville de quartiers troglodytiques des Sassi, d’habitations creusées dans la roche, d’églises rupestres et de vues sur le canyon. Si vous ne souhaitez pas faire un grand détour, une alternative plus courte est Castel del Monte ou le port de Trani. Nous conseillons toutefois de traiter cette halte comme une journée bonus, et non comme une partie du circuit de base.
Ce road trip avec un chien
L’itinéraire est possible avec un chien, mais il faut anticiper les sections à éviter ou à adapter.
Le ferry Dubrovnik – Bari accepte les chiens — une bonne nouvelle pour ceux qui voyagent en voiture avec leur compagnon.
La Croatie est membre de l’UE, la Bosnie‑Herzégovine non. En traversant la Bosnie avec un chien, vous sortez donc de l’UE avant d’y rentrer de nouveau. Avant de partir, vérifiez la validité du passeport européen pour animaux de compagnie (EU Pet Passport), la vaccination antirabique et les conditions éventuelles de retour dans l’UE après un séjour en Bosnie‑Herzégovine.
Gran Sasso — l’ascension du Corno Grande est accessible avec un chien, car ce n’est pas une via ferrata. L’effort requis peut toutefois être limitant pour l’animal — altitude élevée et longue montée ne conviennent pas à tous les compagnons à quatre pattes. Notez aussi que le refuge peut refuser d’héberger les chiens la nuit.
Rome et Vatican — l’entrée avec un chien au Vatican n’est pas autorisée. Beaucoup de monuments à Rome ont les mêmes restrictions. Rome avec un chien fonctionne surtout en balade, dans les parcs et en extérieur — la plupart des intérieurs historiques restent fermés aux animaux.
Marmolada et sections de via ferrata — ces parties du parcours ne se font pas avec un chien. Il devra rester au camping avec quelqu’un ou suivre un programme de rechange.
Si vous voyagez avec un chien, nous recommandons de vérifier avant le départ les conditions vétérinaires d’entrée en Bosnie‑Herzégovine, les règles d’hébergement sur tout le parcours et dans les Dolomites, et de réserver le ferry à l’avance avec confirmation pour l’animal.
Conseils pratiques pour la planification
La meilleure période se situe hors pic de la haute saison — fin du printemps, début d’été ou début d’automne. Il fait encore agréable au bord de la mer, villes et plages sont plus calmes et les randonnées en montagne se planifient plus facilement.
La voiture est le moyen le plus pratique pour cette boucle. Pour le ferry Dubrovnik – Bari, réservez vos billets à l’avance, surtout si vous voyagez en voiture ou avec un chien. En randonnée au Gran Sasso et dans les Dolomites, surveillez la météo et réservez le Rifugio Carlo Franchetti en amont.
Prévoyez aussi péages, ferry, stationnement en ville, assurance et billets d’entrée aux monuments.
Résumé
Ce road trip réunit plusieurs visages très différents de l’Europe du Sud‑Est et de l’Italie. On part d’Europe centrale, on traverse la Croatie et la Bosnie jusqu’à l’Adriatique, on gagne Bari en ferry, puis on poursuit par la côte du Gargano, les hauts Apennins, Rome et les Dolomites avant de rentrer.
C’est un voyage qui combine canyons, villes historiques, mer, ferry, montagne, vestiges romains et panoramas dolomitiques. Ce n’est pas le circuit le plus simple, mais avec une bonne préparation, il peut compter parmi les road trips les plus variés à entreprendre depuis la Slovaquie ou, plus largement, depuis l’Europe centrale.
